NOS PREMIERES VACANCES

Nous passerons un moment véritable
Qui ne sera certes pas contestable.
Nous serons sur une botte si stable,
Que notre chambre en sera confortable.
Nous passerons pour des mariés potables,
Nous essayerons de rester présentables,
A moins qu’un jour tu te retrouves à table
Avec le dernier des crétins comptables.
Alors là je deviendrai intraitable,
Je serai évidemment irritable,
Je ne pourrai pas être charitable,
Ma tristesse sera insurmontable.
Â
Cependant par un matin ravissant
Je me lèverai en te caressant
Alors que toi, t’enfilant tes croissants,
Qui auront l’air très appétissants,
Tu subiras mes gestes ahurissants.
C’est là que ça devient intéressant,
Car dans ces bruits de mâchoires incessants,
Tu saisiras un truc embarrassant,
Qui sera quelque peu alourdissant.
Alors moi je te soufflerai en jouissant,
De même que l’aurait fait Maupassant,
Une série de Trois Mots Tout-Puissants:

JE T’AIME.
Â
C’est alors que ce sera douloureux,
Car en dépit d’un accueil chaleureux,
Nous nous en retournerons malheureux.
Mais nous serons cependant valeureux,
Car à la vue de ton père coléreux
Nos agissements seront si foireux,
Que notre coeur en sera poussiéreux.
On apprendra à devenir peureux,
Pour que ton père soit plus heureux,
Car j’ai horreur des beaux-pères ulcéreux,
Qui, avec leurs airs de cadavéreux,
Me retirent l’envie d’être amoureux.

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